Forte émotion après la noyade de 5 courageux enfants

Atika, 14 ans, sa sœur, Fouzia, 11 ans, leur cousin Bilel, 10 ans, et sa sœur Warda, 6 ans, et l’autre cousin El-Aïd, 9 ans, sont morts jeudi dernier par noyade. Une autre fille, Aïcha âgée de 14 ans, a failli avoir le même sort si ce n’était l’intervention de son frère Walid, qui l’a sauvée in extremis de la noyade. Ces cinq enfants de la famille Malki du douar de Hetatcha, commune de Amari (17 kilomètres du chef-lieu Tissemsilt) sont morts dans des conditions incroyables. Selon les témoins, il était environ 13h quand les 6 enfants se trouvaient au niveau d’une mare creusée par les nomades l’été dernier pour abreuver leurs bêtes et qui se trouve à 1 kilomètre environ du douar. Étant tous issus de familles vivant dans des conditions précaires, ils y étaient juste pour… laver les sacs de semoule vides pour pouvoir les réutiliser après. C’est Atika la première qui avait glissé dans l’eau profonde de deux mètres, avant que sa sœur Fouzia ne plonge pour essayer de la sauver. Voyant ses deux cousines se débattre dans l’eau, Bilel les rejoint dans l’intention de les sauver. Suivront ensuite Warda, El-Aïd et Aïcha, tous ont plongé avec la même intention de sauver leur cousin et frère. L’un après l’autre, ils ont été engloutis. Seule Aïcha en sortit “indemne”, alors que les autres vont mourir par noyade. On notera tout de même que les corps de Atika, Fouzia, Bilel et Warda ont été repêchés par les citoyens se trouvant non loin du lac, alors que la Protection civile n’a pu repêcher que le corps de El-Aïd.
L’enterrement des cinq enfants a eu lieu le lendemain du drame en présence d’une foule nombreuse et des autorités locales. Hier samedi, toutes les écoles de la commune de Amari ont observé une minute de silence à la mémoire des 5 enfants scolarisés, à l’exception de Atika.
Ce drame, qui a provoqué une profonde émotion, vient soulever plusieurs questions, et pas des moindres.
En plus du total abandon de ces populations et des conditions misérables dans lesquelles elles vivent, ces enfants, par leur sacrifice, ont surtout secoué les consciences comme nous l’a déclaré un citoyen rencontré sur place : “Ils méritent beaucoup plus qu’une minute de silence. Un deuil national est la moindre des choses. Malgré leur pauvreté et leur jeune âge, ils ont montré beaucoup plus de courage et de bravoure que la plupart des adultes. Ils nous ont donné à tous une véritable leçon.”

Abed Meghit

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