Décès, plaintes et inquietudes La maternité dans l’oeil du cyclone

Malgré les gros efforts déployés par l’Etat quant à la bonne prise en charge des malades au sein des structures hospitalières, à travers la modernisation et l’amélioration des prestations, beaucoup reste à faire, notamment en formation et dans le sens d’humaniser l’acte médical. Le fait que, maintenant, les prestations de services de la santé sont en déclin dans certaines structures sanitaires de la wilaya, est une réalité que personne ne peut nier et dont les responsables n’ont pas cessé de la justifier, tantôt par le manque de personnel spécialisé, tantôt par le nombre toujours grandissant des patients.  Voir à chaque fois des familles sortir du service de la maternité de Tissemsilt, les larmes aux yeux, pour avoir perdu leur nouveau-né ou la maman, beaucoup de gens se posent des questions sur cet état de fait et sur ce qui se passe réellement dans ce service.
Ceux qui ont eu des mésaventures dans le passé, dans ce service, précisent que la pratique dément l’intention déclarée et que les plaintes déposées au niveau de la justice confirment que ce service ne fonctionne pas de la façon la plus normale.  Depuis le début de l’année, trois décès ont été enregistrés au niveau de ce service et les parents des concernés se défendent par tous les moyens en incriminant son personnel.
Les deux derniers cas de ce mois, la dénommée S.F., qui a perdu la vie avec son nouveau-né en accouchant et la dénommée B.D. qui a perdu son enfant, ont suscité énormément d’interrogations quant à la qualité de la prise en charge au niveau de ce service et ont, en même temps, nourri peur et réticences chez les femmes qui, désormais, préfèrent s’orienter vers les cliniques privées de gynécologie pour éviter les risques et se garantir une bonne prise en charge.  De son côté, le directeur de l’EPH de Tissemsilt a tenu à nous préciser que «ce service est constamment sous pression; il reçoit plus de 70 patientes par jour, avec deux médecins gynécologues seulement et un effectif paramédical très réduit. Durant la période allant du 1er mars au 15 avril, on a dû procéder à 81 interventions chirurgicales (césariennes).  Maintenant, si on a enregistré des décès et que les familles ont déposé des plaintes au niveau de la justice, c’est leur droit et c’est à la justice de statuer sur les circonstances exactes de ces décès. Seulement, je dois vous informer que pour le cas de B.D., le décès de son bébé a été signalé en dehors de l’établissement, après avoir été consultée par les sages-femmes qui étaient de service.  Quant au cas de S.F., son décès et celui du nouveau-né ont été confirmés lorsque la concernée avait été victime d’une crise cardiaque au moment de l’accouchement.
En tous les cas, ces précisions ne sont pas un parti pris, c’est à la justice de situer les responsabilités.» En somme, si la direction de l’EPH s’est montrée toujours au devant de la scène en se mettant à la disposition des patients, il reste quand même un grand travail à faire au niveau de ce service.
Pour Ouarsenis InfoA. Nadour

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