MOUVEMENT DANS LE CORPS DES WALIS

Le président de la République nomme et met fin aux fonctions, il n’est pas forcé de s’expliquer. Mais les départs risquent de sembler plus parlants que les permutations.Le mouvement des walis qui était dans l’air depuis plusieurs semaines a été annoncé hier par la présidence de la République. Les départs ou, pour reprendre la terminologie du communiqué officiel, les «cessations de fonctions» auront été plus modestes que ceux qui ont été annoncés par la rumeur. Du point de vue des chiffres, on a 11 départs, 12 nouveaux promus et 28 mutations. Sans surprise, l’attention va se focaliser sur les «partants» parmi lesquels on retrouve le wali de Tébessa,HARCHOUNE Noureddine, ainsi que le wali de Skikda,MELIZI Tahar, et le wali  d’Oran,SEKRANE Tahar. Et autres walis cessent leurs fonctions: BENTABET Mokhtar , wali de Sidi Bel Abbes, HAMDI Belkacem, wali de Guelma,MALFOUF Ahmed, wali de Ouargla, ZIANI Mohamed, wali d’El Bayadh,TIFOUR Boualem, wali d’Illizi,SALHI Djamel Eddine, wali de Mila, FATMI Rachid  wali de Souk Ahras et KANOUNE Hacene, wali d’El Tarf. Tous les  onze sont «appelés à d’autres fonctions», formule bateau qui peut prêter à toutes les lectures possibles. Dans le fonctionnement de l’administration algérienne, on peut être effectivement appelé à exercer d’autres fonctions. Mais la formule sert aussi à signifier une mise sur voie de garage ou tout simplement un limogeage. Il est en général difficile d’avoir des appréciations sur l’action de ces walis, la perception qu’on en a localement n’est pas forcément la même qu’au niveau du pouvoir. Les changements concernent 40 walis, avec 11 fins de fonction, 28 mutations et 12 nouvelles nominations. Six walis délégués et cinq secrétaires généraux de wilayas ont été promus au rang de wali, selon la même source. Les walis de Tébessa, Skikda, Sidi Bel Abbès, Guelma, Ouargla, Oran, El Bayadh, Illizi, Mila, Souk Ahras et El Tarf perdu leur poste. Ils sont appelés « à exercer une autre fonction », selon le communiqué officiel.Les walis de M’sila, Tizi Ouzou, Djelfa, Adrar, Oum El Bouaghi, Tipaza, Khenchela, Batna, Bejaia, Médéa, Ain Témouchent, Ghardaïa, Mascara, Sétif, Boumerdès, Blida, Tissemsilt, Constantine, Tamanrasset, Béchar, Relizane, Biskra, El Oued, Bordj Bou Arréridj, Jijel, Mostaganem, Laghouat et Ain Defla ont été mutés respectivement à Oum El Bouaghi, Batna, Bejaia, Biskra, Béchar, Blida, Tébessa, Tizi-Ouzou, Jijel, Sétif, Skikda, Sidi Bel Abbès, Guelma, Constantine, Médéa, Mostaganem, Ouargla, Oran, Saida, Bordj Bou Arréridj, Khenchela, Souk Ahras, Tipaza, Mila, El Tarf, Ain Temouchent, Ghardaïa et Relizane. Les walis délégués de Bab El Oued, Hussein Dey, Dar El Beida ,Sidi Mhamed ,Draria et Bir Mourad Rais ont été promus au rang de walis à Tamanrasset, Djelfa, M’sila, Illizi, Tissemsilt. et El Oued. Le chef de l’Etat a désigné les secrétaires généraux des wilayas d’Alger, Saida, Sétif, Souk Ahras, Ouargla et Tizi Ouzou ont été désignés respectivement à la tête d’Ain Defla, Adrar, Laghouat, El Bayadh et Boumerdès. En tout état de cause, les nominations et les fins de fonctions dans la haute administration sont un pouvoir régalien du président de la République. Et le communiqué qui n’est assorti d’aucun commentaire sur la signification du mouvement – ce fut le cas dans le passé – le rappelle bien en citant bien l’article 78/9 de la Constitution. Le résultat des dernières élections présidentielles explique sans doute que l’on ne fasse plus usage de ces commentaires d’explications ou de justifications qui accompagnaient les mouvements des walis ou même des remaniements ministériels. Il faudra attendre dans les semaines et les mois qui viennent et l’éventuelle affectation à de nouvelles fonctions pour comprendre si les walis partants ont écopé d’un «jugement négatif» sur leur mandat ou s’il s’agit d’un mouvement ordinaire au sein de la sphère préfectorale. Mais le gros du mouvement consiste cependant en des permutations, ce qui est dans l’ordre des choses, la règle étant de ne pas laisser les walis s’installer trop longtemps dans une wilaya. Les 28 mutations entrent dans le cadre de ce fonctionnement devenu classique.

MEGHIT  ABED

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