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Tunisie: Pressions pour le départ du gouvernement

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Tunisie: Pressions pour le départ du gouvernement

Une marée humaine, des manifestants venus des quatre coins de la Tunisie, a envahi hier le boulevard Habib Bourguiba, scandant des slogans appelant au départ du gouvernement de transition.

La veille, des centaines de policiers ont également battu le pavé pour crier leur soutien à la révolution du peuple et dégager toute responsabilité vis-à-vis des assassinats attribués à leur corps, ayant fait 78 morts selon un bilan officiel. Ces deux manifestations sont qualifiées de point de rupture, selon des observateurs qui prévoyaient, hier, un autre virage dans le feuilleton des événements. «Le gouvernement va démissionner aujourd’hui, El Ghannouchi a déjà quitté le palais», fait savoir, avec certitude, Samir, un avocat présent dans une marche sur le boulevard principal. En fait, les manifestants prévoient chaque jour la chute du gouvernement, une exigence pour laquelle manifestent encore des milliers de Tunisiens. Les concessions faites quotidiennement par le gouvernement de transition n’ont eu aucun effet sur le peuple intransigeant, attaché au départ de tous ceux qu’il considère comme des symboles de l’ancien régime. Les déclarations de Mohammed El Ghannouchi, faites lors d’un entretien accordé vendredi soir à deux journalistes et retransmis sur les chaînes de télévision locales, n’ont pas eu non plus les résultats escomptés. Sur le boulevard Bourguiba, occupé depuis une semaine par les franges les plus radicales du mouvement, notamment les tendances gauchistes et les militants syndicalistes, même son de cloche : on veut le départ et rien d’autre que le départ du gouvernement.

Nizar Amani, syndicaliste et l’un des meneurs du Front du 14 janvier, formé tout récemment pour rassembler les forces de la rupture, est catégorique. «Le discours d’El Ghannouchi ne nous intéresse pas, le gouvernement doit tomber», a-t-il déclaré. Même détermination devant le siège de l’UGTT, où des centaines de militants sont rassemblés en attente des directives du bureau exécutif réuni en session extraordinaire. Pour Mounji Benmebarek, SG de la Fédération des PTT, les déclarations d’El Ghannouchi et ses promesses de quitter la scène politique avec la fin de mission de son gouvernement ne sont que de la poudre aux yeux et plus encore, «une manœuvre pour gagner du temps en attendant de détruire toutes les archives compromettantes des membres encore au pouvoir», a-t-il avancé. Sur la scène politique et associative qui se recompose en arrière-fond des événements, la partition radicale n’est pas la seule jouée actuellement par les Tunisiens. Plusieurs voix connues, à l’instar de l’opposante Sihem Bensedrine, des avocats ou encore des journalistes, appellent à la raison et avertissent sur d’éventuels dérapages que pourrait engendrer cet acharnement.

El Watan

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