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La marche du RCD empêchée par la police

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La marche du RCD empêchée par la police
Tentative avortée. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie a été empêché de tenir, hier, sa marche. Le soleil qui s’est frayé un chemin dans le ciel algérois avait attiré plus de policiers que de citoyens. Pour empêcher la manifestation, les autorités ont employé les gros moyens. En sus des milliers de policiers qui ont quadrillé le centre-ville dès les premières lueurs du jour, tous les accès à la capitale étaient fermés dès la veille. Tous les véhicules et bus qui provenaient de Kabylie étaient systématiquement fouillés ou tout simplement invités à rebrousser chemin. Des informations font même état de détournement du train qui assure la liaison quotidienne Béjaïa-Alger. Les trains en provenance de Blida et de la banlieue d’Alger avaient tout simplement été annulés, tandis que les bus qui assurent les liaisons avec la banlieue algéroise étaient en partie filtrés. Au centre-ville, aucun rassemblement n’avait été toléré. Même les riverains étaient empêchés de se regrouper devant leurs immeubles, comme nous l’avons constaté à la rue Hassiba-Ben-Bouali ou à Didouche-Mourad, où se trouve le siège du RCD. Cette situation a donc rendu tout rassemblement à la place de la Concorde presque impossible. Et ce n’est pas la présence de quelques personnalités, à l’image de l’avocat Ali-Yahia Abdenour, qui a changé la donne. «Dispersez-vous», répètent à l’envi des policiers chargés d’empêcher tout rassemblement pendant que leurs collègues des brigades
antiémeute se sont tenus prêts sur les deux trottoirs des principales rues de la place et des ruelles adjacentes. C’est au niveau de la rue Didouche-Mourad que les heurts ont opposé des militants du RCD aux policiers. Encerclé dès les premières heures de la matinée, le siège algérois du parti donne l’image d’un camp retranché. Toute la direction du parti, soutenue par des militants, est restée dans les bureaux. Difficile de se frayer un chemin au milieu de ce dispositif policier composé de dizaines d’agents armés jusqu’aux dents. En fin de matinée, des militants tentent de sortir dans la rue. Raté. Premières tentatives, premières bastonnades. S’ensuit alors une mêlée entre militants et policiers. Les premiers blessés tombent. Au même moment, certains militants du RCD jettent quelques pierres et des chaises du haut des balcons du bâtiment. Les policiers se protègent avec leurs boucliers.A l’intérieur, Saïd Sadi improvise une conférence de presse. «Le 22 janvier n’est pas une finalité. C’est le début d’un processus de lutte», dira-t-il à beaucoup de journalistes. «Il faut changer le régime en profondeur, sinon, ce sera la désintégration du pays», a ajouté le député, avant de s’adresser à la foule massée devant le siège de son parti. Le président du parti annoncera que le chef du groupe parlementaire Athmane Mazouz a été blessé. Un autre parlementaire, Arezki Aïder, a été arrêté, avant d’être relâché quelques heures plus tard, au même titre que la majorité des personnes arrêtées. Après plusieurs tentatives infructueuses, les manifestants se sont dispersés dans le calme un peu avant 15 heures. Le dispositif policier, lui, est resté en place quoique allégé. Le bilan total de ces heurts est divergent. Le ministère de l’Intérieur a donné le chiffre de dix-neuf blessés, dont huit policiers. Le président du RCD lui, a parlé de quarante-deux blessés, dans une déclaration faite à l’AFP. Une source partisane et le ministère de l’Intérieur ont  indiqué, en fin de journée, que tous les
militants arrêtés ont été relâchés. Les blessés auraient tous rejoints leur domicile.
LA TRIBUNE
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