le conte de la princesse de bambara conte malien -






2013-11-01, 06:33 PM
  #1

dzamir
   dzamir
 
: Jan 2013
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le conte de la princesse de bambara conte malien



Il tait une fois un homme qui sappelait Klnako. Dieu avait fait de lui un homme riche : il possdait en grand nombre des nes, des vaches, des moutons et des chvres. Il avait galement dimmenses rserves de nourriture, au point quil ne savait mme plus quoi en faire.

Juguya sara 1 internetIl navait quune seule sur, Lafili, qui avait pous un homme dun autre village. Dans ce village, appel Nianibougou, Lafili, son mari et leurs enfants vivaient misrablement et souffraient souvent de la faim.
Un jour, Lafili dcida de se rendre chez son grand-frre pour lui demander un peu de mil. En effet, cela faisait trois jours que ses enfants navaient presque rien mang.

Lafili marcha pendant quatre jours, accompagne de son plus jeune fils. Arrive chez son frre, elle fit les salutations dusage, puis lui dit :
- Grand frre Klnako, me voil aujourdhui devant toi. Je ne suis pas en paix, je suis malheureuse. Je nai plus rien donner manger tes neveux. Nos proverbes disent : que lon trouve du bois ou que lon nen trouve pas, tout le monde sait que cest dans la brousse quon doit le chercher . On dit aussi que quand les yeux tournent de droite gauche dans leurs orbites, cest quils cherchent un visage qui leur serait familier . Notre grand-pre disait enfin que : mieux vaut se faire tuer par sa propre vache que par celle dautrui . Je suis venue pour te demander un peu de mil.



A ces mots, les yeux de Klnako rougirent comme du sang. Il rpondit :
- Lafili, tu es venue ici, cest normal. Tu as des problmes, cest certain. Quant aux miens, je ne peux mme pas les raconter. Je nai chez moi aucun grain de mil, si petit soit il ! La nuit passe, nous nous sommes couchs sans rien manger. Il ne faut pas men vouloir mais je ne peux vraiment rien pour toi. Il ne faut mme plus traner par ici. Lve-toi vite et retourne chez toi, avant que le soleil ne se couche !



Le cur triste, Lafili retourna sur ses pas en compagnie de son enfant.

Immdiatement aprs son dpart, Klnako se leva et clata de rire. Il rit beaucoup, il rit tellement quil en pleura. Il sapprocha de ses greniers de mil et sexclama :
- Eh ! Moi Klnako ! Que je suis heureux ! Un grenier, deux greniers, trois greniers, quatre greniers, cinq greniers . Eh !! Impossible de tous les compter. Ils sont tous remplis de bon mil. Ce nest personne dautre qu moi ! Je suis bni ! Cest l et a ne finira jamais ! Ma petite sur est venue me demander du mil. Je lui ai jur navoir aucun grain chez moi. Je lai bien eu ! Cest a que jaime faire : tre mchant avec les gens. Pour tre vraiment mchant, il faut commencer par ltre sans rserve avec sa famille. Comme cela, on nhsite mme plus avec les autres. Pour se faire craindre par ses semblables, il ne faut vraiment pas hsiter aller jusqu gifler un cadavre sous leurs yeux.

Sur ces mots, Klnako se faufila entre ses greniers en riant aux clats. Tout en se promenant, il continua faire lloge de la mchancet.
Soudain, il sentit une vive douleur sa colonne vertbrale. Il eut limpression que son corps stirait petit petit. Horrifi, il constata que ses membres infrieurs sallongeaient. Tout son corps se mit le faire souffrir et la douleur devint vite insupportable. Il poussa un hurlement et toute sa famille accourut vers lui.
Alors, sous les yeux de ses femmes et de ses enfants, Klnako se mtamorphosa en un gros serpent. Seule sa tte resta intacte. Il sadressa alors sa famille :
- Allez me cacher dans ma case. Faites tout pour que mes ennemis ne sachent pas que je me suis mtamorphos. Que sest-il pass ? Je vais vous le raconter... Ma petite sur vient de partir linstant. Elle ma suppli de lui donner un peu de mil et je lai chasse en lui disant que je navais rien. Mes enfants, quaucun dentre vous ne fasse plus jamais de mal une de ses surs.

Jusqu aujourdhui, les bambaras ont une grande considration pour leurs surs. Tout le monde sait que la mchancet ne reste jamais impunie.



Ce conte est une traduction du conte bambara "Juguya sara", racont par les lves du village de Fassa (Mali) et mis par crit par Oumar Nianankoro Diarra et Antoine Fenayon. La traduction en franais a galement t faite par Oumar Nianankoro Diarra et Antoine Fenayon.
Ce conte a t recueilli dans le cadre du projet "Contes de Fassa" men par l'association Donniyakadi.
Les dessins ont t raliss par les enfants du village de Fassa lors d'ateliers organiss en juin 2010 par Donniyakadi et les enseignants de l'cole primaire du village. Ces ateliers taient encadrs par Karim Diallo, illustrateur venu de Bamako, et Armelle Genevois, membre de Donniyakadi
Cliquez ci-dessous pour lire la version originale en bambara :
Nsiirin "Juguya sara" (conte "le prix de la mchancet" en version originale bambara)




 


2013-12-10, 10:08 PM
  #2

layachidz
 
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2016-10-26, 08:05 PM
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ANAIS MINA
 
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